Pendant longtemps, on a conseillé aux humains de chiens une solution simple à presque tous les problèmes de comportement : « Faites‑le se dépenser davantage, il sera plus calme. »
Chien excité ? Plus de balade.
Chien destructeur ? Plus de jeu.
Chien qui n’écoute pas ? Encore plus d’exercice.

Cette idée est tellement répandue qu’elle ressemble à une évidence. Et pourtant… c’est un mythe tenace, souvent contre‑productif, parfois même néfaste pour le chien.

D’où vient cette croyance ?

Elle repose sur une logique humaine très intuitive : quand on est fatigué, on se repose. Après un effort physique intense, notre corps réclame du calme. On transpose donc ce raisonnement au chien. Mais le chien n’est pas une machine qu’on « vide de son énergie ».

Un résultat inverse

La fatigue physique est différente d’un apaisement émotionnel. Un chien peut être physiquement fatigué et mentalement surexcité. C’est même fréquent chez les chiens pour lesquels l’exercice est utilisé comme unique soupape.

En effet, l’activité physique intense libère de l’adrénaline et du cortisol (hormones de l’excitation et du stress).Chez certains chiens, ces hormones mettent des heures à redescendre.

Le chien devient alors plus réactif, plus impulsif, moins capable de se réguler physiquement et émotionnellement et le résultat est paradoxal étant donné que plus on le fatigue, plus il semble incapable de se poser.

Quand on répond systématiquement à l’agitation par davantage d’exercice, on crée un chien très endurant, de plus en plus exigeant et de moins en moins capable de gérer la frustration et le calme. Ce chien n’apprend pas à se détendre. Il apprend à avoir besoin d’un niveau d’activité toujours plus élevé.C’est un entraînement mais pas dans le bon sens.

En effet un chien agité peut être :

  • stressé
  • anxieux
  • trop stimulé
  • frustré
  • incapable de gérer ses émotions
  • en manque de repères ou de prévisibilité.

Dans ces cas-là, ajouter de l’exercice physique revient à ignorer la cause réelle du comportement. C’est comme demander à quelqu’un d’anxieux de courir un marathon pour « se calmer ».

Le calme s’apprend (oui, vraiment)

Contrairement à une idée reçue, le calme n’est pas inné chez tous les chiens. Il se construit.

Apprendre à un chien à se poser, c’est :

  • lui apprendre à ne rien faire sans que ce soit inconfortable,
  • valoriser les comportements calmes,
  • structurer ses journées avec des temps de repos réels,
  • éviter la stimulation constante ou excessive
  • proposer des activités qui apaisent au lieu d’exciter.

Un chien qui sait se reposer est un chien qui va mieux émotionnellement.

Ce n’est pas une invitation à la sédentarité. Un chien a besoin de mouvement, d’exploration et de stimulations adaptées alors favorisez les activités régulatrices comme résolution de problèmes, exploration de jardin sensoriel et les activités de flair (détection , recherche utilitaire etc..)

Un chien équilibré est un chien dont les besoins physiques, mentaux et émotionnels sont harmonisés, pas poussés à l’extrême.

Conclusion

Fatiguer un chien pour le calmer est une fausse bonne idée.On ne calme pas un chien en l’épuisant. On le calme en lui apprenant à réguler ses émotions.
Le repos est une compétence, pas une conséquence automatique de l’exercice.

Et souvent, le vrai progrès commence quand on ose faire un peu moins, mais un peu mieux.